La Rosa di Bagdad (Anton Gino Domenighini, 1949)

La Rosa di Bagdad
La Rose de Bagdad
Réalisation de Anton Gino Domenighini
Film italien de 1949

Un long-métrage d’animation d’avant 1950 est excessivement rare. L’on connaît surtout Disney et un tout petit peu Fleischer (Guliver’s Travels, Mr.Bugs Goes to Town). Et pour l’animation européenne qui débute, il s’agit d’une influence monstre. Du coup La Rosa di Bagdad est clairement, clairement influencé par l’animation de Fleischer et il faut le savoir que c’est un film italien.

L’histoire n’est pas incroyablement fascinante, on a un vilain calife qui veut marier la jolie princesse que le pauvre petit charmeur de serpent aime vraiment du fond de son coeur noble, juste et vertueux. Le vilain calife fait appel à un encore plus vilain sorcier capable de faire n’importe quoi. L’on a aussi 3 conseillers qui font office de 7 nains à plus bas budget et un petit oiseau mignon qui aidera le petit charmeur de serpent. Je ne vous gâche rien si je dis que tout finira bien? Par contre malgré le classicisme l’histoire arrive quand même à être confuse à quelques moments, des personnages partent à l’aventure, vont comme par hasard dans le bon chemin et tombent sur les méchants. Le méchant lance un sortilège à un moment qui n’a pas beaucoup de sens (avec une fontaine de jouvence). D’ailleurs ce dernier a une comportement louche, il jette un sortilège plutôt raciste, pourtant les deux seuls alliés que l’on voit du calife et du sorcier sont noirs. C’est pas joli.

C’est intéressant de voir comment le moyen-orient et les contes des 1001 nuits inspirent le cinéma d’animation. Le deuxième long-métrage d’animation japonais sortait l’année précédente avec un thème similaire (Bagudaddo-hime, 1948), le premier long-métrage Allemand racontait l’histoire du prinche Achmed et vous pouvez trouver d’autres exemples par vous même.
Pour un premier long-métrage l’italie, en ce qui concerne la technique, s’en sort bien. Il est dur de comparer avec des équivalents d’époque, c’est moins remarquable que les grandes productions américaines mais mieux que disons le travail de Jean Image en France. L’animation, c’est-à-dire le travail des animateurs eux-même ne fait pas défaut, il y a quelques mouvements assez étranges mais qui sont encore corrects, cependant c’est l’aspect technique qui bug ici et là. Une image déplacée lors d’une frame, des couleurs qui se déplacent subitement, des animations qui répètent d’une manière très apparente un même cycle… Ce sont les gens au travail technique qui se sont plantés à quelques occasions. Mais en fait tout cela reste assez mineur.

La Rosa di Bagdad est moins beau qu’un Disney, moins drôle qu’un Warner, moins surréaliste qu’un Fleischer. C’est un film un peu mou qui ne fait rien pour se distinguer, autre que du mérite d’être le premier long-métrage d’animation italien (et sur ce point de vue là, il ne sera quasiment d’aucune influence, 10 ans plus tard Bruno Bozzetto sera vu comme le point de départ de l’animation italienne). Il se laisse regarder et l’on ne sursaute qu’aux occasionnelles maladresses. Mais étant donné qu’il n’y a presque aucun autre film d’animation de cette époque, La Rosa di Bagdad est au moins un des rares représentants de cette animation à l’ancienne, ronde et fluide, et pour cela tant mieux.

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