Patlabor: The Movie (Mamoru Oshii, 1989)

22/12/2010 - 2 Réponses

機動警察パトレイバー the Movie
Kido keisatsu patoreba: the Movie
Patlabor: The Movie
Réalisation de Mamoru Oshii
Film japonais de 1989

Si son nom est bien connu, je suis quand même peu familier avec Mamoru Oshii. Sa carrière semble avoir pris une étrange direction depuis plusieurs années, mais il reste un nom populaire.  J’ai vu Ghost in the Shell et le fascinant Angel’s Egg. D’ailleurs, à comparer ce dernier avec Patlabor, l’on pourrait difficilement faire deux films plus différent : l’un est une odyssée surréaliste hors du commun, l’autre est un film policier assez commercial. Tout les deux ont leurs mérites.

Patlabor : The Movie (parce que Patlabor a commencé avec une série d’OAV (animation Direct-to-video), qui n’est pas nécessaire de voir en premier lieu) nous présente un corps policier qui se spécialise dans les incidents concernant les «labors», des robots-travailleurs opérés par des individus. Ces policiers sont eux-même équipés de labors de patrouille, les patlabors. Le film prends les allures d’une série policière hollywoodienne des années 80-90, avec un «scientifique fou» (obsédé par babylone, une trace de l’obsession pour la religion catholique de Mamoru Oshii. D’ailleurs il y aurait de quoi analyser le rapport entre babylone et l’emploi de la technologie dans le film mais… c’est juste pas intéressant), une ville entière en danger et des policiers qui doivent s’ajuster à une situation extraordinaire. Mais bien sûr, avec des robots en plus, ce qui ajoute une certaine grandeur à l’ensemble.

Je m’attendais à un film plein d’action avec un focus sur les robots, mais ce n’est pas le cas, c’est étonnant comment l’on voit peu de robots en fait, et que l’attention est portée à l’équipe de policiers. Il y a énormément de scènes de dialogues, un léger excès d’emphase sur du background, et je n’aime pas les films qui ignorent comment raconter quelque chose autrement que par présenter du background avec de longs dialogues. Mais ce n’est pas si excessif que ça. Par contre il y a beaucoup de personnages et qui du coup ne sont pas si développés que ça… mais sûrement ailleurs dans la franchise.

L’animation est ultra statique, il y a un nombre hallucinant de plans plutôt longs qui se résument qu’à un dessin et trois positions de bouches. Le dessin détaillé et l’esthétique générale compense la lacune, quelque chose de courant en Anime. Mais il y a deux ou trois scènes d’action, notamment le climax du film, qui compensent le tout. Animer des mechas aussi détaillés étant impressionnant en soi. Par contre il y a quelque chose de très curieux, et c’est que malgré l’atmosphère très sérieuse du film, il y a recours à des expressions caricaturées à de rares moments, qui font un très étrange contraste. Plus étrange encore est la présence soudaine d’une petite scène en fish-eye, qui sort de nul part et contraste fortement avec le ton généralement naturaliste du film. Difficile de savoir comment réagir avec un plan qui ressemble à ça:

Patlabor est un bon blockbuster d’intrigue (intéressante) et d’action (excitante), qui se distingue (distinguait?) par son mélange équilibré de film policier et sci-fi, sans pour autant épater la galerie. Il y a aussi l’intérêt particulier que ce soit un film d’animation, d’ailleurs j’imagine qu’un scénario du genre aurait difficilement pu être adapté en prise de vues réelles à l’époque. Le film ne pourra pas convertir quiconque allergique au genre, mais pour ma part j’ai bien envie de voir Patlabor 2 à présent. Pour les plus aventuriers, regardez Angel’s Egg!

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La Rosa di Bagdad (Anton Gino Domenighini, 1949)

21/12/2010 - Leave a Response

La Rosa di Bagdad
La Rose de Bagdad
Réalisation de Anton Gino Domenighini
Film italien de 1949

Un long-métrage d’animation d’avant 1950 est excessivement rare. L’on connaît surtout Disney et un tout petit peu Fleischer (Guliver’s Travels, Mr.Bugs Goes to Town). Et pour l’animation européenne qui débute, il s’agit d’une influence monstre. Du coup La Rosa di Bagdad est clairement, clairement influencé par l’animation de Fleischer et il faut le savoir que c’est un film italien.

L’histoire n’est pas incroyablement fascinante, on a un vilain calife qui veut marier la jolie princesse que le pauvre petit charmeur de serpent aime vraiment du fond de son coeur noble, juste et vertueux. Le vilain calife fait appel à un encore plus vilain sorcier capable de faire n’importe quoi. L’on a aussi 3 conseillers qui font office de 7 nains à plus bas budget et un petit oiseau mignon qui aidera le petit charmeur de serpent. Je ne vous gâche rien si je dis que tout finira bien? Par contre malgré le classicisme l’histoire arrive quand même à être confuse à quelques moments, des personnages partent à l’aventure, vont comme par hasard dans le bon chemin et tombent sur les méchants. Le méchant lance un sortilège à un moment qui n’a pas beaucoup de sens (avec une fontaine de jouvence). D’ailleurs ce dernier a une comportement louche, il jette un sortilège plutôt raciste, pourtant les deux seuls alliés que l’on voit du calife et du sorcier sont noirs. C’est pas joli.

C’est intéressant de voir comment le moyen-orient et les contes des 1001 nuits inspirent le cinéma d’animation. Le deuxième long-métrage d’animation japonais sortait l’année précédente avec un thème similaire (Bagudaddo-hime, 1948), le premier long-métrage Allemand racontait l’histoire du prinche Achmed et vous pouvez trouver d’autres exemples par vous même.
Pour un premier long-métrage l’italie, en ce qui concerne la technique, s’en sort bien. Il est dur de comparer avec des équivalents d’époque, c’est moins remarquable que les grandes productions américaines mais mieux que disons le travail de Jean Image en France. L’animation, c’est-à-dire le travail des animateurs eux-même ne fait pas défaut, il y a quelques mouvements assez étranges mais qui sont encore corrects, cependant c’est l’aspect technique qui bug ici et là. Une image déplacée lors d’une frame, des couleurs qui se déplacent subitement, des animations qui répètent d’une manière très apparente un même cycle… Ce sont les gens au travail technique qui se sont plantés à quelques occasions. Mais en fait tout cela reste assez mineur.

La Rosa di Bagdad est moins beau qu’un Disney, moins drôle qu’un Warner, moins surréaliste qu’un Fleischer. C’est un film un peu mou qui ne fait rien pour se distinguer, autre que du mérite d’être le premier long-métrage d’animation italien (et sur ce point de vue là, il ne sera quasiment d’aucune influence, 10 ans plus tard Bruno Bozzetto sera vu comme le point de départ de l’animation italienne). Il se laisse regarder et l’on ne sursaute qu’aux occasionnelles maladresses. Mais étant donné qu’il n’y a presque aucun autre film d’animation de cette époque, La Rosa di Bagdad est au moins un des rares représentants de cette animation à l’ancienne, ronde et fluide, et pour cela tant mieux.

Summer Wars (Mamoru Hosoda, 2009)

20/12/2010 - Leave a Response

サマーウォーズ (c’est simplement « Summer Wars » écrit en Kanji)
Summer Wars
Réalisation de Mamoru Hosoda
Film japonais de 2009

Ci-haut le meilleur plan du film, qui a des airs de peinture traditionnelle japonaise, et qui justement, par son déplacement latéral vers la gauche de la caméra, fait penser aux peinture en rouleau (nommés, merci Wikipédia, Makimono). C’est directement après un moment crucial au film, et c’est exactement le point où le film a complètement changé à mes yeux, passant d’un film très ordinaire à quelque chose de mieux. Le début me donnait des airs de mélange de film romantique et de film d’action assez bête (gentils contre méchants) qui ne prenait pas. Malgré quelques absurdités tirées d’un mauvais film de Pokémon, quelques clichés et un ensemble assez grossier (simple, et pas mal trop de hasards), Summer Wars s’en tire plutôt bien.

L’on a donc un étudiant en mathématiques, Kenji Koiso, qui est faussement accusé d’avoir hacké un espèce de monde virtuel/réseau social si influent et important qu’il met en péril le monde entier. Il est à ce moment là en «vacances» chez une famille au long passé, issue d’un clan autrefois proéminent.

C’est peut-être là l’aspect le plus intéressant du film. Il est assez rare de voir un tel optimisme en ce qui concerne le pont entre les générations et l’importance de ce qu’accompli la nouvelle génération. Le conflit entre le Japon traditionnel et le Japon urbain en est un assez évident (et auquel le monde entier assiste, en quelque sorte) étant donné l’énorme contraste à prime à bord. Et pourtant, dans Summer Wars, les accomplissements du passés ne sont pas fait en vain et servent les accomplissements du présent, même si l’on passe des guerres de samouraï à jouer à un jeu vidéo (mais qui sauve le monde réel!). C’est un peu le genre de chose qui fait rêver les geeks. Tout ceux qui faisaient quelque chose d’incroyablement «important» jusqu’à ce que maman débranche l’ordinateur.

Le contraste se fait par deux esthétiques. L’une est assez commune, près de l’image que l’on a en pensant à Ghibli et qui représente le monde réel. Le trait est cela dit plus cassé, angulaire qu’un Ghibli. L’autre, le monde virtuel, est beaucoup plus actuelle, inspirée de l’esthétique pure en technologie (par exemple, Apple, dont les produits apparaissent dans le film, ou l’art de Takashi Murakami) avec de l’intégration d’animation 3D et une esthétique hétérogène qui passe par toute les gammes de kawaii pour les personnages qui l’habite. L’univers virtuel du film n’est pas clairement défini, il est dur de dire si il s’agit d’une représentation fantaisiste par le réalisateur du film de ce qui s’y passe, puisque lorsqu’on voit les écrans d’ordinateur, de téléphone portable ou de Nintendo DS (?!?) l’on y voit pas du tout la même chose… dans 95% des cas. Le 5% n’ajoute qu’à l’incompréhension. Il faut déjà accepter qu’un réseau social/monde virtuel soit assez puissant pour qu’on puisse briser des aqueducs, dérouter des GPS et rediriger des satellites… Mais franchement, pourquoi pas, a côté de tout les autres trucs qu’il faut accepter dans le film.

C’est un peu navrant, à un moment du film, de voir une nette séparation entre les femmes et les hommes de la famille, comme si le rôle de transmettre l’héritage du clan était une affaire d’hommes, malgré la présence de la grand-mère (qui, elle, soude cette famille). Peut-être ai-je mal compris, mais j’ai mal compris à quoi servait cette séparation (autre qu’un obstacle). On aurait pas eu ça dans un Ghibli!

Ali Baba et les quarante voleurs (Hiroshi Shidara, 1971)

19/12/2010 - Leave a Response

(juste pour le fun j’ai décidé de chroniquer les films d’animation que je vais visionner pendant les fêtes)

アリババと40匹の盗賊
Aribaba to Yonjuppiki no Tozoku
Ali baba et les quarante voleurs
Réalisation de Hiroshi Shidara
Film japonais de 1971

Ça commence fort avec cette affirmation que je fais à l’instant: Toei Dega est le studio d’animation japonais le plus sous-estimé qui soit. Sous-estimé parce que sa grande époque, 1958-1972, est une époque beaucoup trop lointaine pour les otakus, préférant souvent s’arrêter dans leur exploration vers le milieu des années 70. Les films de cette époque sont excessivement rares et quasiment aucun n’a été exporté hors du Japon (Le Serpent blanc et Horus prince du soleil sont sortis en France, Horus au Royaume-Uni, Le Chat Botté en Amérique… c’est tout). C’est encore plus étonnant si l’on considère son importance, puisqu’ils ont fait évoluer l’animation japonaise à grand pas, Yasuji Mori ayant peut-être contribué à cet art autant que Tezuka pour le manga, et qu’il s’agit du studio où Takahata et Miyazaki ont fait leurs premières armes.
Pour faire simple, il est considéré que Ghibli est tout simplement la succession de Toei Dega. Les films sont plus familiaux et simple, mais souvent d’un charme sans égal.

En ce qui concerne Miyazaki, Ali Baba et les quarantes voleurs est l’un des rares film où il était key animator, s’occupant entre autre de l’impressionante finale avec le château en destruction. Ce sera son dernier film chez Toei Dega.
L’histoire concerne Ali Baba le 33ème, héritier du trésor qu’a obtenu le premier Ali Baba. Cependant, les 32 générations précédentes ont vidés la moitié du trésor, et le Ali Baba actuel… l’autre moitié. Tout ce qu’il reste est une vieille lampe avec laquelle Ali Baba le 33ème fera régner la tyrannie et le désordre. Jusqu’à ce qu’un petit garçon, 38 chats et une souris décident d’y mettre terme.
L’animation est très limitée, mais l’excellent design cartoon, très atypique, compense et offre un design très agréable qui contribue à l’humour déjanté du film (il n’y a aucune limite, par exemple l’un des garde d’Ali Baba se transforme à un moment sans raison en escouade anti-émeute très moderne!). La palette de couleurs est aussi assez particulière, beaucoup de rose et de mauve, mis en fort contraste avec du vert ou du jaune, ce qui donne un aspect encore plus bande dessinée qu’anime japonais à l’ensemble.
C’est le genre de film qui peut plaire à tous, j’aurais adoré voir ça jeune pendant la période des fêtes.

Après cette époque (mort du fondateur, les grands noms quittent la compagnie, etc.), Toei Dega devient un studio d’animation à la chaîne. Adaptations de mangas et de séries télés, animation de télé-série américaines (Transformers, G.I. Joe)… Le studio devient anonyme et sans prestige, bien qu’il soit dur d’ignorer le fait qu’ils ont produit Albator, Galaxy Express 999, Les Chevaliers du Zodiaque, Dragon Ball et tout ça… Ou même le film Aladdin et la lampe merveilleuse (1982), que j’ai dû regarder 200 fois dans ma jeunesse et qui est pourtant tellement, tellement moche. J’aurais préféré voir Ali Baba et les quarante voleurs.


Du neuf!?

13/12/2010 - Leave a Response

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(vilain WordPress, pourtant ça fonctionne dans le preview)

Décors, encore et encore

23/11/2010 - Leave a Response

Au besoin les décors sont détachés en plusieurs pièces afin de laisser passer plusieurs couches d’animation. Ici, il y aura la fumée derrière les édifices, le peintre derrière l’échafaud. Ce qui fera un plan à (minimum!) 5 couches.

Décors

15/11/2010 - Leave a Response

Je ne vais pas poster à chaque fois qu’il y aura un nouveau décor-pas-intéressant-à-regarder. Donc pour l’instant j’en ai 7 sur 35 (pour les deux projets), ça avance plutôt bien.

J’ai aussi changé un peu l’approche par rapport au dernier concept de décor, je fais des lignes moins droites, les fenêtres partent un peu dans tout les sens, les décorations sont approximatives, ça donne un peu de vie.

Projet B – Color Script

08/11/2010 - Leave a Response

Record de temps sans update. Oups. Disons que c’était le blues du mois de novembre. Théoriquement c’est mon dernier dessin super moche truc de pré-production avant de me lancer dans la production elle-même. Champagne.

Storyboard original

Projet A – Animatique n°1

30/10/2010 - Une Réponse

Et une animatique de terminée! Et oui, à force de tout couper, ça fait même pas deux minutes finalement. Mais je pense que ça fonctionne et que j’ai l’occasion d’étirer certaines choses.

Le projet B demandant à mon avis un color script, c’est pas pour tout de suite.

Erm

29/10/2010 - Leave a Response

Comme ça fait un bon moment que je n’ai pas fait d’updates (j’avais la tête ailleurs et l’animatique prends pas mal de temps), je balance quelques images. Un extrait de l’animatique/storyboard final, et le chara design qui manquait. Youpidou